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21.11.2016

SPI - Medienmitteilung vom 14 . November 2016


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Bischof Markus Büchel zum Tod von Hisham Maizar


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Le lauréat Pierre Morath et son laudateur Thierry Mertenat © CES / Jean-Claude Gadmer

20.06.2013

Remise du Prix catholique des médias à Genève

Le Prix catholique des médias 2013 a été remis mercredi 19 juin dans les locaux du CARE à Genève à Pierre Morath pour son film Chronique d'une mort oubliée. Ce fut aussi l'occasion de remettre le Prix Good-News pour la Suisse-romande au chanoine Guy Luisier pour son blog Une colline au Congo. Trouvez ici le message adressé aux participants par Geneviève de Simone-Cornet au nom du jury.

Bonsoir à chacun. Je suis heureuse de vous accueillir ce soir au nom du jury de la Commission pour la communication et les médias de la Conférence des évêques suisses. Je salue tout particulièrement

  • le lauréat, Monsieur Pierre Morath, ainsi que les membres de sa famille et ses amis ici présents
  • les collaborateurs de Point Prod, qui ont travaillé avec lui à la réalisation du documentaire primé, «Chronique d’une mort oubliée»
  • Monsieur Thierry Mertenat, journaliste à la «Tribune de Genève»
  • Madame Dominique-Anne Puenzieux, directrice des éditions Saint-Augustin
  • le Père Franco Bernasconi, qui recevra le prix Good News, Bonnes nouvelles, pour le lauréat, le chanoine Guy Luisier
  • Mgr Pierre Farine, évêque auxiliaire à Genève
  • les membres du jury et de la Commission des médias de la Conférence des évêques suisses qui nous ont rejoints
  • Monsieur Simon Spengler, attaché de presse de la Conférence des évêques suisses.

Merci de nous avoir rejoints ce soir. Enfin, j’adresse un merci spécial aux responsables du Caré qui nous accueillent ce soir en leurs murs.

Nous sommes en effet réunis dans un lieu symbolique, le Caré, pour Caritas, accueil, rencontres, échanges. Depuis 1977, le Caré est un lieu de solidarité et d’entraide au cœur de Genève. Il propose des activités manuelles, artistiques et sportives et fournit des repas chauds et des prestations sanitaires à des femmes et des hommes de tous âges souffrant de solitude, d’exclusion et de pauvreté. Quelques professionnels et une cinquantaine de bénévoles s’y engagent au quotidien.

Michel Christen, dont le documentaire primé, «Chronique d’une mort oubliée», relate l’histoire, a trouvé ici, à la fin de sa vie, un peu de chaleur humaine. Il s’y est senti valorisé: il était quelqu’un aux yeux du monde. Ici il se sentait un peu chez lui.

«Chronique d’une mort oubliée», c’est donc l’histoire de Michel Christen, trouvé mort en 2005 dans son appartement de Genève, son corps totalement décomposé. Bénéficiaire de l’aide sociale, cet ancien ramoneur de 53 ans était décédé 28 mois plus tôt. Ce documentaire remonte le fil des ces mois durant lesquels il est resté invisible aux yeux du monde, ignoré de tous.

Il pose à notre société des questions essentielles: comment, au 21e siècle, peut-on mourir à Genève, en plein cœur de l’Europe, oublié de tous? Comment peut-on, famille, amis, autorités, institutions, ne pas se poser de questions devant une absence prolongée?

«Chronique d’une mort oubliée» met le doigt sur les dysfonctionnements institutionnels de notre société: pas un seul rouage du filet social n’a fonctionné dans le cas de Michel Christen. Mais, plus que cette terrible constatation, étayée par une chronologie de l’oubli qui fait froid dans le dos, c’est la cause profonde de cette tragédie qui interroge: la dégradation de la sociabilité, la dilution des liens humains, familiaux, amicaux, de voisinage. On touche là aux ravages de la déshumanisation de notre société.

Personne n’est coupable, mais nous sommes tous un peu responsables. Ce documentaire très fort nous interroge personnellement: à quel point le sort de nos concitoyens nous tient-il à cœur? Vivons-nous les uns à côté des autres ou les uns pour les autres? Ici, pas de jugement moral, pas de condamnations – mais un travail journalistique méthodique et rigoureux pour un reportage à la fois émouvant et pudique.

Comme le souligne le Père Willi Anderau, président du jury du Prix catholique des médias, «Chronique d’une mort oubliée» nous pose la question centrale de la parabole du bon Samaritain: «Qui est mon prochain?». C’est ce qui lui donne sa force. On n’en sort pas intact. Car il nous renvoie à nous-mêmes.