screenshot du site www.samw.ch/fr

23.02.2018

Consultation concernant les directives « Attitude face à la fin de vie et à la mort » de l'ASSM

L'Académie suisse des sciences médicales a révisé les directives « Prise en charge des patientes et patients en fin de vie » édictées en 2004. La procédure de consultation des nouvelles directives intitulées « Attitude face à la fin de vie et à la mort ».

La Commission de bioéthique de la CES a participé à cette consultation publique et elle remercie l’ASSM de l’opportunité qui lui est donnée de prendre position sur ce projet de directives, dont les enjeux sont considérables. Si les discussions concernant la sédation ouvrent des perspectives nouvelles et équilibrées, en revanche la ligne générale du document s’avère problématique : l’ASSM renonce en effet à toute objectivité des finalités de la médecine pour les remplacer par un relativisme, qui met unilatéralement l’accent sur l’autodétermination des patients et l’opinion subjective des soignants. Ces directives se conforment ainsi aux mœurs, mais ne fournissent pas d’indications véritablement éthiques.

Les directives, pour la première fois dans l’histoire de l’ASSM, renoncent à toute objectivité en éthique, à l’encontre d’une tradition séculaire, porteuse d’avenir, de nuances et d’équilibre. Or le document mentionne p. 5 note 4 que ces directives sont intégrées de facto dans le code de déontologie de la FMH et donc « deviennent obligatoires pour les membres de la FMH ». Or, un code de déontologie est justement quelque chose qui échappe à la subjectivité et dit comment la profession se comprend collectivement.  

Ce revirement saute aux yeux dans le traitement de l’aide au suicide : durant 15 ans, l’ASSM maintenait une certaine tension entre d’une part la finalité de la médecine et d’autre part la pratique de certains médecins. Au lieu de maintenir comme il se doit que « l’assistance au suicide ne fait pas partie de l’activité médicale, car elle est contraire aux buts de la médecine », chaque soignant devrait dorénavant décider, lui-même, si pour lui, cette pratique entre ou non dans les objectifs médicaux. La Commission de bioéthique s’oppose fermement à cet abandon de l’éthique de la part de la plus haute instance morale qui oriente la pratique médicale suisse, et demande à l’ASSM de conserver la formulation usuelle, car elle est conforme au sens de la médecine et honore les exigences éthiques universelles.

Le document complet peut être téléchargé ici :

Kontakt

Präsident der Kommission

Philosoph

francois-xavier [dot] putallaz [at] unifr [dot] ch