SBK-CES-CVS Schweizer Bischofskonferenz | 08.09.2017

Botschaft der Schweizer Bischofskonferenz an alle pastoralen Mitarbeiterinnen und Mitarbeiter, Priester, Diakone und Laien


SBK-CES-CVS Schweizer Bischofskonferenz | 31.07.2017

Niklaus von Flüe 2017



SBK-CES-CVS Schweizer Bischofskonferenz | 21.05.2017

Vernissage des Schweizer Pavillons an der Reformations-Weltausstellung in Wittenberg


Alle Dokumente

Mitglied der SBK Mitglied der SBK | 09.03.2011

Message pour le Dies Judaicus, 20 mars 2011

Les dons et l'appel sont irrévocables

Message de Mgr Vitus Huonder à l'occasion du Dies Judaicus 2011.

Frères et sœurs dans le Seigneur,

Le deuxième dimanche de carême, le 20 mars 2011, la Conférence des Evêques suisses instaure le Dies Judaicus, le Jour pour le Peuple juif.
Cette journée a un double but. Elle doit nous rappeler les racines juives de la foi chrétienne. Elle doit par là même nous rendre conscients du lien particulier qui unit les chrétiens au peuple juif.
Les racines juives de la foi chrétienne
La première lecture du deuxième dimanche de carême se réfère en chacun des trois cycles du lectionnaire à la figure d’Abram ou Abraham (Gn 17,5). Abraham est le père de la foi, il est le père du peuple de Dieu, Israël. Avec lui, Dieu conclut l’alliance de la circoncision. De lui est issu Isaac, le fils de la promesse. Son fils Jacob est le père du peuple aux douze tribus. C’est sur cette base que le deuxième dimanche de carême est spécialement qualifié pour se remémorer l’origine juive de la foi chrétienne. L’histoire du salut prend particulièrement naissance avec les patriarches. La foi chrétienne se fonde sur cette origine juive et vétérotestamentaire, et elle ne peut trouver compréhension et signification qu’à partir de cette origine. La foi juive recèle le fondement de la proclamation de la foi chrétienne. C’est à cela que Saint Paul nous rend attentifs, de manière impressionnante, lorsqu’il désigne les qualités privilégiées du peuple de l’alliance du Sinaï : « Ils sont Israélites, ce en quoi ils ont l’adoption, la gloire, les alliances ; à eux ont été donnés la loi, le culte et les promesses » (Rm 9,4). De ce peuple est issue Marie, la Vierge mère de Dieu. C’est à partir d’elle que notre Seigneur Jésus Christ a reçu la nature humaine.
La solidarité avec le peuple juif
Si le premier objectif du Dies Judaïcus est de nous tourner vers le passé, en considérant le peuple aux douze tribus et l’origine de la foi chrétienne, la réalité effective de la solidarité avec le peuple juif veut nous rappeler la responsabilité permanente, toujours actuelle de l’Eglise à l’égard du peuple juif.
Les agressions effroyables envers ce peuple durant la seconde guerre mondiale ont amené l’Eglise à renouveler cette responsabilité et à faire ces déclarations que nous pouvons lire dans le document conciliaire Nostra Aetate 4 : « L’Église, qui réprouve toutes les persécutions contre tous les hommes, quels qu’ils soient, ne pouvant oublier le patrimoine qu’elle a en commun avec les Juifs, et poussée, non pas par des motifs politiques, mais par la charité religieuse de l’Évangile, déplore les haines, les persécutions et les manifestations d’antisémitisme, qui, quels que soient leur époque et leurs auteurs, ont été dirigées contre les Juifs». Aujourd’hui, cette déclaration est de nouveau à l’ordre du jour. L’Eglise a de nouveau le devoir d’y revenir.
La préoccupation brûlante d’aujourd’hui
Devant la réalité effective qui fait que l’antisémitisme s’est de nouveau fortement propagé ces dernières années, l’Eglise ressent encore une fois le besoin d’en appeler, dans notre pays, à la solidarité avec le peuple juif. Au regard des peurs et des besoins de nombreuses personnes d’appartenance juive, elle a le devoir de prendre position de nouveau « contre toutes les expressions de haine, les persécutions, et les manifestations d’antisémitisme », et d’appeler à la paix et à la réconciliation, mais aussi au respect et à la considération envers tout être humain, également à l’égard des concitoyens juifs. Elle aimerait en même temps arriver à ce que les différences d’opinions politiques ne conduisent pas à des jugements et à des prises de position sans nuances, et encore moins à des campagnes ciblées dans notre pays.
Le don permanent de la grâce
Je voudrais mettre en évidence ici la parole de Saint Paul, qui se réfère à nos frères et sœurs juifs : « Car les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables » (Rm 11,29). Si les dons et l’appel sont irrévocables de la part de Dieu, cela ne peut signifier qu’une chose : que le Dieu et Père de tous les hommes poursuit son plan de salut pour Israël. Dieu suit son plan du salut également aujourd’hui avec le peuple élu. Il ne laisse pas tomber ce peuple. Il le conduit aussi de nos jours, car il recherche le salut de tous les hommes : « …Il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tm 2,4).
A partir de là, nous voulons prier pour que cette grâce et cet appel irrévocables accordés à Israël portent du fruit également de nos jours, qu’ils favorisent la justice et le respect mutuel, et qu’ainsi ils contribuent à l’unité et à la paix entre tous les peuples.
Avec le souhait du psalmiste « Que la paix soit dans tes remparts » (Ps 121 [122], 7), que la paix réside dans les murs de Jérusalem, que la paix réside dans chaque communauté humaine, dans notre pays et dans notre patrie, je vous salue en union cordiale avec vous, et vous adresse ma bénédiction épiscopale.

+ Vitus Huonder
Evêque de Coire
Délégué de la Conférence des Evêques suisses
dans la Commission de dialogue judéo/catholique-romaine de Suisse

Mgr Vitus Huonder